21 !

Today is the the 21st of March, which means the first day of spring. And today we are skiing down back to Zermatt after climbing the second two highest peaks of the Alps, Dufourspitze and Nordend.

In total, and together with Colin Haley we have climbed 21 peaks out of the 82 above 4000m. Whoop whoop !

Below is what we did so far:

2nd and 3rd of March: we started with the Gran Paradiso (4061m #1) with Colin Haley and Anthony Bonello (film maker). On day 1 we got up to Vittorio Emanuele hut. On day 2 we did the summit and back down.

4th to 10th of March: we had 7 days of bad weather. I stayed at home in Cham, trained a bit, ski some powder, did some filming and spoke a lot with Laurent Valbert, our weather man ;)

11th – 12th of March: Colin Haley, Anthony Bonello and I climbed the Barre des Ecrins (4102m #2) and Dôme de neige (4015m #3) (Day 1 we got up to the Ecrins hut from Pelvoux, on day 2 we climbed Barre and Dome and skied down back to Pelvoux. Drove back to Cham the same day.

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Early morning skinning up Barre des Ecrins – Photo:Colin Haley

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Going down Barre des Ecrins to reach Dome de Neige – Photo: Anthony Bonello

13th of March: At home in Cham, resting and preparing the next days.

14th of March: Colin and I skin up on the piste to Testa Grigia and stayed at the Cervino guide hut with Guido Perrini (film maker) from Breuil Cervinia.

15th of March: Colin and I climbed and skied Breithorn West (4164m #4), Central (4159m #5) and East (4139m #6), the Gendarme (4106m #7), Roccia Nera (4075m #8) and we finished with Pollux (4092M #9) and Castor (4223m #10) going down to the Feliksjoch and then skied down to the Quintino Sella winter hut. Guido went with us at the base of the Breithorns to shoot with the drone. My carbon boot broke on the first descent and we taped it for the rest of the day.

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Colin Haley climbing up the last meters of Castor

16th of March: from Quintino Sella hut Colin and I climbed the Lyskamm West (4479m #11) and traversed to the Lyskamm East (4527m #12). On the way down to the Lysjoch one of my pole broke. We decided to change our original plans: to leave Dufourspitze and Nordend to later on and do as many as possible of the 4000m peaks on the North – South axe before to get down to Gnifetti hut. So from the Lysjoch we headed up to Signalukuppe (4554m #13) and Zumsteinspitze (4563m #14). From there we went to the Parrotspitze (4432m #15), Ludwigshöle (4341m #16), Corno Nero 4321m #17) and Pyramid Vincent (4215m #18). We ended at the Gnifetti hut with awesome food and warmth welcome.

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Myself on the south West face of Lyskamm West – Photo Colin Haley

17th of March: We skinned up to Punto Giordani (4046m #19) and down to Gressoney then back to Breuil Cervinia and drove back to Cham.

18th of March: Bad weather day and rest day

19th of March: Colin, my brother and I headed to Zermatt and skinned up the pist to Rotenboden. Then down to the Gorner Gletscher and up to the Monte Rosa hut.

20th of March : Dufourspitze (4634m #20) and Nordend (4609m #21).

Conditions were not easy. We had to go thru a big crevasse on the way up (and then on the way down). The fixed ropes of the normal route to Dufour had been removed. We decided to go up a by a shorter couloir further left. But the last 20 meters were steep and not so easy. Colin soloed it and could give me a belay from the ridge which felt much safer. The ridge to reach the Dufour summit was snowy and it took us a bit of time to reach it. We decided to go down to the normal couloir, hoping to find some old belays still in place but there was not much. 4 rappels later with two on abalakovs we reached back the Silbersattel. We thought the hardest was done but as soon as we started to climb the Nordend ridge we realized it was all icy. It took a lot of our mental energy to go up to Nordend and down again. I was mentally tired after it and hungry too. The day turned out to be much longer than planned and we not much water nor food left. We decided to sleep again at the Monte Rosa hut and ski down to Zermat the next day.

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Climbing up the snowing couloir before a short but hard section of mixte to gain the Dufourspitze ridge – Photo: Colin Haley

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Climbing the Dufourspitze ridge to reach the summit – Photo: Colin Haley

21st of March: Getting down to Zermatt from the Monte Rosa hut. And back to Cham.

Also you can check our itineraries on movescount here

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Three happy humans on top of Dome de Neige – From Left to Right, Colin Haley, Myself, Anthony Bonello

“Four Girls and a Matterhorn” The video

Video

A sweet little film about our adventure skiing the Matterhorn East face in May 2016 with Lorraine Huber, Giulia Monego, Melissa Presslaber and myself. This short edit shows perfectly the fabulous team spirit of us ripping ladies and the amazing time we had together on this iconic and beautiful mountain.
Enjoy watching!

Edit: Whiteroom productions
Music: David Mumford – Bonfire Music – Night without sleep
davidmumfordmusic.bandcamp.com

 

Le récit en français ici

 

Four Girls and a Matterhorn from Liv Sansoz on Vimeo.

Quatre Filles et un Cervin

Photos Lorraine Huber, Giulia Monego, Melissa Presslaber et moi

Tout a commencé à la suite d’un SMS de Giulia arrivé le 1er Mai. Dès le début de l’hiver on avait parlé de faire des choses en montagne ensemble et puis rien. Conditions difficiles au début, incompatibilité dans les dates combinées à la météo puis souci au pied pour Giulia. Aussi quand elle me propose d’aller au Cervin pour en skier la face Est, je n’hésite pas trop. Enfin, un peu quand même car  je n’ai pas fait de “ski de pente raide” depuis bien longtemps. Roberto, guide et ami de Giulia a bien observé la face et confirme que les conditions peuvent être bonnes. Lui aussi veut y aller.

18h, Le Moo, Chamonix, mardi 3 Mai. J’ai roulé un peu trop vite dans les gorges de l’Arly pour arriver à temps. J’ai juste une petite heure devant moi et je dois filer à Genève. C’est encore une de ces journées “empilées”. C’est sûr, je vais encore préparer mon sac à point d’heure… Giulia (Italie) arrive puis Lorraine Huber (Australo Autrichienne) et Melissa Presslaber (Autrichienne). A part Giulia personne ne savait que nous allions être quatre… mais c’est une agréable surprise. Le courant passe super bien entre nous alors que Lorraine, Mèl et moi ne nous connaissions pas la minute d’avant. Mèl a déjà fait deux tentatives sur la face Est du Cervin et n’est pas trop motivée à y aller si on n’est pas sûres des conditions. Perso je suis un peu dans le doute à cause du vent annoncé. Mais on décide toutes ensemble d’y aller. On ne se rend jamais mieux compte des conditions qu’en y étant.

Mercredi 4 Mai, la Skoda Octavia, immatriculée en Autriche est chargée à bloc avec 4 filles super enthousiastes à son bord, direction Tasch. En route on reçoit un appel de Roberto qui nous dit que deux amis à lui ont tenté la face Est hier mais qu’ils ont fait demi tour à cause de plaques de vent. Pas la meilleure des nouvelles mais bon, nous sommes parties. Roberto pense qu’il va rejoindre ces deux amis au bivouac Bossi (côté Breuil Cervinia) pour (re) faire une tentative le lendemain. De notre côté, pas de changement de plan, l’objectif de la journée c’est d’aller au refuge d’Hornli et de regarder les conditions dans la face. Tasch, Zermatt, puis téléphérique de Furi… la face est toujours aussi belle imposante et paraît bien raide. On laisse les remontées mécaniques et le domaine skiable pour traverser par gravitation jusque sous la face Est. Elle a franchement l’air pas mal. De là, on met les peaux et on enlève presque toutes les couches. Il est midi il fait monstre chaud, pas un brin d’air si ce n’est en haut sur l’arête Nord Est. C’est parti pour un petit dénivelé jusqu’à Hornli. On prend le temps, la journée est magnifique et nous sommes les yeux rivés sur cette immense face.

Le nouveau refuge d’hiver est flambant neuf, tout propre et vraiment agréable. Le rituel classique de faire sécher le matériel, faire de l’eau, s’hydrater, manger et observer nous occupe jusqu’au soir. En liaison téléphonique, Roberto nous annoncent qu’ils montent dormir à la cabane de Solvay à 4003m sur l’arête Nord Est. La face est repassée à l’ombre, la neige s’est resserrée, la trace sera plus facile à faire et ils seront quasiment à pied d’oeuvre pour le lendemain matin. Nous, nous nous en tenons à notre stratégie de bien dormir et de grimper la face le lendemain tôt.

Jeudi 5 Mai, Hornli 4h du mat, c’est le départ. On commence par glisser, puis cacher les duvet, les peaux et autre matériel dont on ne va pas avoir besoin sous un gros rocher avant d’entamer la suite, crampons au pied. Il y a pas de mal de neige jusqu’à la rimaye et l’on s’enfonce bien. Avec Giulia on se partage la trace et ça nous demande quand même un bon petit effort. La rimaye passe tranquille et à partir de là ca se redresse bien. J’aime bien ces départs à la frontale, je trouve que ça passe toujours assez vite. Et plus on monte plus le soleil se lève et plus c’est beau. C’est toujours magique ces belles ambiance, ces lumières du matin, ces montagnes à perte de vue et ce sentiment d’être un petit rien au milieu d’une grosse face. Ca remplit de belles émotions et d’images ineffaçables.

Nous continuons de progresser tranquillement.La veille nous avions discuté la possibilité d’une ligne assez centrale dans la face, suggérée par Giulia et c’est là que l’on va. Mais arrivées à une certaine hauteur, on se rend compte qu’il y a vraiment pas beaucoup de neige posée sur les dalles et le rocher… Il faut se rendre à l’évidence, ça ne va pas faire. Nous sommes obligées de redescendre un bon morceau pour contourner des bandes de rocher et pouvoir traverser à droite, (côté grimpeur) afin de rejoindre la pente de neige sous Solvay. Un peu plus loin en dessous les filles comprennent que ça ne passera pas et vont pouvoir s’éviter la montée puis la descente en traversant bien plus tôt sous les bandes rocheuses. Il fait grand jour, nous avons perdu un peu de temps avec cette histoire mais jusque là pas d’inquiétude par rapport au timing. Nous nous rapprochons de Solvay au même moment que Roberto et ses deux amis en sortent pour entamer leur descente. On se salue de loin. Giulia est passée en mode machine et elle est bien déterminée à monter au point le plus haut d’où l’on pourra skier. On les regarde faire leur premier virage l’un après l’autre. La neige est encore bien dure. Je ne parle pas Italien mais je comprend le “Duro” que lance le premier à skier à ces deux compères.

Lorraine et Melissa nous rejoignent au point le plus haut que nous avons pu atteindre, sous une petite bande de rocher. Une petite centaine de mètres au-dessus de Solvay. La neige dans la partie haute est toujours un peu dure mais le temps que chacune s’équipe et que l’on prenne deux trois images, elle est parfaitement revenue. J’avoue, je suis un peu impressionnée. Je ne fais pas ce genre de ski tous les jours. Mais je suis avec trois excellentes skieuses et leur présence est plutôt rassurante. On est détendues, on rigole, tout va bien.

C’est Giulia qui ouvre le bal, elle fait son premier virage direct et enchaine. Solide. Je sens que je vais avoir besoin de déraper un peu pour sentir la neige avant de faire ce premier virage, souvent libératoire. Lorraine et Melissa sont à l’aise elles aussi. Elles assurent tout en étant relax. Au fur et à mesure que l’on descend la pente est moins raide et la neige vraiment bonne et la descente est vraiment classe. On reste vigilantes quand même, il y a toujours quelques requins malveillants cachés sous la neige et même si la pente est moins raide la chute reste interdite. Je vis cette descente intensément et j’en prends plein les sens. C’est incroyable d’être là, toutes les quatre avec une pure complicité au milieu de cette immense face, sur cette montagne si spéciale.

La rimaye arrive déjà. Presque trop vite. En bas on explose de joie. C’était magique, c’était différent, c’était la journée où il fallait être là, là avec les bonnes personnes. Un grand merci à Giulia, Lorraine et Melissa pour avoir partagé ce moment de ski unique et magnifique.

Toni Valeruz avait été la première personne à skier la face Est le 14 mai 1975. Jean-Marc Boivin en a fait la seconde répétition en partant de plus haut dans la face (première descente depuis l’épaule) 6 juin 1980. Sans lui (et d’autres) nous n’en serions pas là aujourd’hui. Mille Mercis de nous avoir ouvert autant d’univers.

A lire aussi en anglais le récit de Giula Monego sur PlanetMountain

 

Schreckhorn, Oberland, Arête Sud Ouest

Le Schreckhorn, ou pic de la terreur, n’aura pas faillit à sa réputation de l’un des plus beaux 4000m des Alpes. Probablement l’une de mes plus belles courses en montagne de cet été. Pourtant cela commençait mal. Chute de neige le mercredi, un gardien qui tente de nous décourager de venir… et notre propre intuition que ça peut faire quand même. Comme souvent en montagne, le mieux c’est d’aller voir. Au pire on aura fait une belle marche ;)

En ce dernier samedi de septembre, direction donc Grindelwald, au pied de l’Eiger, un endroit que j’aime beaucoup. Le dépaysement est total en vallée avec le trio gagnant “chalets-géraniums-pelouse de golf”, comme en montagne, où l’on se retrouvent seuls au coeur d’un gros massif. Y a pas à dire, cet endroit de la Suisse est simplement magnifique…
On opte pour la version la plus soft en prenant le télécabine de Pfingstegg et gagner un peu de déniv sur cette première journée qui nous amène en quelques heures à la Schreckhornhütte (le refuge). L’arête Sud Ouest n’a pas l’air trop enneigée de ce qu’on a pu en voir. Et nous avons l’agréable surprise d’apercevoir une trace sur le glacier, merci à la cordée de la veille!
Le couple de gardiens nous accueillent avec un verre de thé alors qu’ils sont en plein rangement. Ils fermeront lundi et nous sommes les derniers clients de la saison… La gardienne cuisine comme une chef et nous régale. Le gardien est un peu rustre mais contrairement à ce qui peut être dit sur certains sites web, il est sympathique et sérieux en se préoccupant des alpinistes qui passent par son refuge. (Je crois qu’il ne nous a pas lâché de la jumelle ;) )

Dimanche, 4h du mat, c’est le départ. Descente de la moraine, traversée du glacier, remontée un peu plus loin. Il y a pas mal de kairns au début et une sente assez bien marquée qui disparait peu à peu avec la neige. La marche de nuit passe toujours assez vite et l’on se retrouve déjà sur le glacier. Il y a plus de neige que ce que nous pensions et le bout de trace laissé par la cordée de la veille est bien apprécié. Nous passons la rimaye par la droite, là où elle est bouchée et remontons le couloir à droite de l’arête, suffisamment enneigé. Enfin nous arrivons au rocher. Un rocher orangé compact aux grosses prises franches. Le type de rocher rassurant et facile à grimper. Au niveau condition, il y a de la neige (ça on l’avait compris dès l’approche) mais ça ne gêne pas vraiment. On va juste un peu plus doucement que si c’était sec. L’arête qui mène du Schreckhorn au Lauteraarhorn est bien enneigée aussi. L’enchaînement sera pour une autre fois, ce qui fait une autre bonne raison de revenir :)
A 9h30 nous sommes au sommet et l’on profite largement de la vue offerte à 360°. Le panorama est incroyable. Mer de nuages sur les vallées de la Suisse à l’Italie et Montagnes plâtrées blanches au-dessus. Les photos ci-dessous en parlent mieux que moi.

Que dire de la descente? Que l’on a brassé jusqu’au dessus des genoux dans la neige devenue molle? Oui. Que le retour jusqu’à Pfingstegg était un peu longuet? Oui. Que le parapente aurait été le bienvenu? pas faux. Mais c’est surtout la beauté des montagnes environnantes, le fait d’être seuls sur toute une course, et la variété de terrains qu’offre le Schreckhorn dont je me souviendrai. Avec un grand sourire aux lèvres.

Le Schreckhorn en chiffres :
 Altitude : 4078m
 Altitude du refuge : 2530m
 Tarifs remontée de Pfingstegg : 24 CHF
 Tarifs demie pension du refuge : 61 CHF pour les membres du CAF
 J1 : 1280m positifs
 J2 : 1660m positifs
 Matos que l'on a pris :
 Une corde de 50m, sangles de 120cm,
 Camalots (gris, violet, vert), quelques câblés
 Matos de glacier

PHOTOS : NILS NIELSEN et LIV SANSOZ